Matière osseuse

La constitution d’un référentiel expérimental de pointes et d’aiguilles en os à partir de plusieurs corpus archéologiques du Néolithique ancien de Méditerranée, devait répondre à deux objectifs. D’une part, il s’agissait de mieux documenter, par la caractérisation des macro- et micro traces d’usure, la fonction de ces outils. D’autre part, il nous paraissait important de développer une méthode d’analyse adaptée à ce matériau. En effet, les propriétés plastiques de l’os et sa moindre dureté comparée à la pierre conduisent à modifier de façon caractéristique, selon le geste opéré et la nature de la matière travaillée, le volume initial de la pièce. Il s’agit donc, par référence à l’état d’une pièce qui vient d’être fabriquée, dont on connait la morphologie initiale, de circonscrire et de caractériser toutes les déformations qui résultent de l’usure. S’ajoutent à ces déformations, les altérations de surfaces qu’il convient également de caractériser à faibles mais surtout à forts grossissements.

Métapode UMR7055 - Exp. I. Sidéra - 3D J. Louvet (USR3225, CNRS) on Sketchfab

Le référentiel constitué a été établi à partir des données archéologiques et environnementales recueillies sur les sites étudiés et des données ethnographiques. Les outils ont été fabriqués essentiellement sur des métapodes de caprinés ou de bœuf, travaillés à l’état frais et sec. Ils ont été débités par sciage et/ou percussion, en deux et en quart, et façonnés par raclage et/ou abrasion. Diverses actions – perforer, gratter, fendre, entailler et lisser – ont été réalisées sur des peaux (fraîches, reverdies, tannées et sèches), des fibres végétales : bois sec et vert (feuillu, saule, érable, chêne, noisetier, conifères, épicéa, pin), écorce de chêne sèche et humide, canne sèche et verte, lin, carex et paille de seigle, et sur de l’argile. D’autres paramètres ont été testés : mode d’action, direction du geste, mouvement, angle de travail, état de la matière travaillée, mode de préhension, durée du travail, support et ajout de matériaux abrasifs.

La collection présente au sein de la technothèque représente pour l’instant une partie du référentiel. Tous les objets, soit une petite centaine, seront à terme destinés à y être intégrés. Il s’agit essentiellement de pointes utilisées dans le travail de perforation des peaux fraiches, tannées, ou sèches de vache, de cerf et de mouton et dans le travail des fibres végétales comme le lin et la paille de seigle pour la réalisation de vannerie et de tissage (pour ces deux dernières activités, nous avons fait appel à des professionnels). Ces pointes présentent des usures de volume et de surfaces parfois relativement marquées dont les caractéristiques sont présentées dans la base de données et illustrées par des photographies à la fois macro et microscopiques. Les aiguilles ont été utilisées pour coudre des pièces de tissus en lin ou en cuir. Là encore, les usures associées à ces utilisations ont été documentées dans la base de données par le référencement des métadonnées et par les photographies.

Détails de la collection

  • Os 1

    Traces d'usure - travail sur matières végétales
  • Os 2

    Traces d'usure - travail sur matières animales
  • Os 3

    Traces d'usure - travail sur matières animales
  • Os 4

    Traces d'usure - travail sur matières animales
  • Os 5

    Traces d'usure - travail sur matières végétales
  • Os 6

    Traces d'usure - travail sur matières végétales
  • Os 7

    Traces d'usure - travail sur matières animales
  • Os 8

    Traces d'usure - travail sur matières végétales
  • Os 9

    Traces d'usure - travail sur matières végétales
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